Alexis Normand


Saskatoon, Sask.

En 2010, la Fransaskoise a été demi-finaliste au Festival de la chanson de Saint-Ambroise et au Festival international de la chanson de Granby. Après le lancement de son premier album, Mirador, en 2013, Alexis a entrepris certaines collaborations, avec entre autres le Franco-Manitobain Raphaël Freynet et sa compatriote fransaskoise Anique Granger, qui l’ont menée sur plusieurs scènes dans l’est du pays. Depuis quelques années, l’artiste est aussi membre du groupe féminin Rosie & the Riveters, un quatuor folk inspiré des années 1940.

Alexis partage maintenant son temps entre la Saskatchewan et le Québec, où elle a lancé à l’automne 2016 son deuxième opus, Alexis Normand, sous l’étiquette Les disques de la cordonnerie, réalisé en collaboration avec le réalisateur Marc Pérusse. Cet album compte notamment la pièce « Sing Me Home », interprétée avec le célèbre Franco-Manitobain Daniel Lavoie. Alexis est en nomination dans la catégorie Meilleure interprète féminine pour le Gala des prix Trille Or 2017 de l’Association des professionnels de la chanson et de la musique.

Saskatoon Toronto 2,952 km km 1,535 Moncton 450 km 2,262 km St-Claude km 2,079 Winnipeg 1,614 km Meteghan 3,476 km Edmonton

Photoreportage

Inspirante simplicité


La Fransaskoise Alexis Normand nous accueille sous le ciel infini et dans les grands espaces de sa province, deux atouts naturels influençant sa démarche artistique. On s’offre une pause dans son café de prédilection pour travailler, créer et réseauter, on aborde sa passion pour les vêtements et on visite une boutique d’équipement de musique usagé où elle a d’ailleurs lancé son plus récent album.

Alexis Normand, la tenace

Pascal Raiche-Nogue

Alexis Normand a du talent à revendre.

Lorsqu’on la découvre, c’est sa voix qui attire d’abord notre attention. Feutrée et réconfortante. Mélancolique de temps en temps. Parfois sensuelle. Jamais trop poussée. Juste assez forte.

Dans ses albums Mirador et Alexis Normand, parus respectivement en 2013 et en 2016, elle chevauche les styles. Sa musique est un genre de diagramme de Venn où s’entremêlent le jazz, le folk et la pop.

Quant aux arrangements, ils sont empreints de retenue. Les réalisateurs avec qui elle a travaillé ont eu la bonne idée de ne pas l’étouffer avec des couches d’instruments à ne plus finir. Ils lui ont rendu un grand service en faisant preuve d’un peu de retenue.

Rapidement, en écoutant ses enregistrements, notre attention se porte sur ses textes. Ils valent la peine que l’on s’y attarde. Intimes et bien dosés, ils lui vont comme un gant.

L’univers poétique qu’elle crée, parfois avec l’aide de collaborateurs tels que le parolier chevronné Daniel Beaumont, est d’une beauté et d’une simplicité désarmantes.

La coécriture avec ce créateur québécois, qui a notamment travaillé de près avec Louis-Jean Cormier sur l’album Treizième étage, fonctionne particulièrement bien dans « Johnny Cash » et dans « Sans faire exprès ». Ces pièces se trouvent sur le deuxième album d’Alexis Normand.

Cela dit, les paroles de son cru sont aussi tout à fait potables.

Elle a fréquenté l’École nationale de la chanson de Granby, au Québec, une véritable pépinière à talent où un tas d’artistes de la relève ont fait leurs dents. On se doute bien qu’elle ne s’est pas tourné les pouces lors de cette formation.

Sa plume se démarque dans la pièce bilingue « Sing Me Home », qui se retrouve sur son deuxième album. Il s’agit de l’une des meilleures compositions de son répertoire.

Cette chanson hyper nostalgique, qui sonne presque comme une pièce de Noël, est belle. Très belle. Elle parle d’un retour au bercail, des paysages qui défilent dans le rétroviseur. Elle nous amène dans sa voiture à travers les Prairies canadiennes.

« Sing me home
En passant les p’tits villages oubliés
Et toutes les vieilles granges abandonnées
Et les clôtures de fil barbelé »

Et en plus, cette pièce met aussi en vedette l’auteur-compositeur-interprète franco-manitobain Daniel Lavoie. S’il existe une valeur sûre dans la musique francophone canadienne, c’est bien lui. Elle a réussi un sacré bon coup en allant chercher cette grosse pointure.

Dans un billet de blogue, Alexis Normand raconte comment un ami lui a dit qu’il « pleurait en l’écoutant, assis par terre dans son salon ». Ça se comprend. C’est le genre de chanson qui nous donne un petit coup de blues lorsqu’on l’écoute en boucle.

En parlant de coup de blues, on se rappellera qu’Alexis Normand a oublié les paroles de l’hymne national américain, en 2013 – peu après le lancement de son premier album – devant des milliers de personnes avant un match de la Coupe Memorial à Saskatoon.

Les vidéos virales de ce que l’on retiendra comme une erreur de sa jeunesse avaient fait le tour du monde. Elle était devenue, bien malgré elle, une vedette éphémère sur le Web. Elle s’était alors excusée lors d’entrevues, puis avait pris son courage à deux mains et avait interprété l’« Ô Canada » avec succès quelques jours plus tard lors d’un autre match de ce tournoi.

Bien des artistes se seraient retirés dans leur tanière après un tel cafouillage, mais pas elle.

Les traces de cette affaire persistent encore aujourd’hui en ligne. Ainsi va Internet, cette arme à double tranchant qui fait le ciel et le beau temps dans le monde culturel.

Heureusement, Alexis Normand n’a pas laissé cette mésaventure définir sa carrière. Son deuxième album, paru trois ans plus tard, en 2016, en est la preuve.

Et c’est tant mieux. En l’écoutant aujourd’hui, on se dit qu’il aurait été bien dommage qu’elle jette l’éponge à l’époque.

Pascal Raiche-Noguewww.acadienouvelle.com

Chef de bureau aux affaires publiques de l’Acadie Nouvelle.

Entrevue


Alexis Normand nous parle de ses premiers pas en musique jusqu’à l’écriture éventuelle de ses propres chansons, ainsi que de son album Mirador, inspiré par les espaces de la Saskatchewan et résultat d’une collaboration avec une compatriote artiste visuelle.

Musique

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