Cindy Doire


Timmins, Ont.

En 2012, Cindy entreprend une collaboration avec l’auteure-compositrice-interprète Andrea Ramolo. Les deux artistes au cœur alors brisé à l’unisson allient leur créativité et forment Scarlett Jane, un duo lancé dans le cadre du collectif de femmes artistes torontois Ladies in Waiting, dont Cindy et Andrea sont des membres fondatrices. Quelques années plus tard, Scarlett Jane compte deux albums principalement en anglais et plusieurs centaines de spectacles à son actif.

En 2017, Cindy lance l’album Panorama, réalisé par Mark Howard, qui a entre autres travaillé avec U2 et Joni Mitchell. Cet album composé à Nashville marque aussi un changement notable pour la Franco-Ontarienne, alors qu’elle participe à la conception sonore en s’accompagnant au synthétiseur.

En quête d’un meilleur équilibre entre sa vie personnelle et professionnelle, Cindy jongle maintenant avec plusieurs projets en parallèle de ses activités avec Scarlett Jane et comme artiste solo. Yoga, musicothérapie, enseignement marié à la musique dans des écoles en Inde : les projets foisonnent!

Timmins Toronto 706 km km 1,535 Moncton 450 km 2,262 km St-Claude km 2,079 Winnipeg 1,614 km Meteghan 3,476 km Edmonton

La vie en bleu et en pluie

Jean-Étienne Sheehy

Parmi les têtes d’affiche de la scène musicale franco-ontarienne, Cindy Doire roule sa bosse en français et en anglais depuis les années 2000, que ce soit en solo ou en groupe au sein de Scarlett Jane, le duo qu’elle forme avec Andrea Ramolo. Dans ce contexte bilingue, sa discographie devrait s’écouter de manière étanche. Le produit endisqué propose plutôt une évolution logique entre les différents morceaux, que ce soit ses premiers deux disques, en français, ou son unique disque solo anglophone, Sticks and Mud.

 

Doire débarque sur son premier album, La vie en bleu, en 2007, avec un son folk et jazz qui fonctionne, tout en manquant continuellement de frapper la cible, au point de détourner l’attention vers les maladresses de la réalisation. Si elle explore divers univers musicaux, ceux-ci n’arrivent pas à être complémentaires pour autant. À titre d’exemple, le tracé précis de « Je dois l’oublier » se heurte à sa suite jazz, teinté de trompette à sourdine. Le produit final manque de logique, de finition et d’authenticité.

 

Les bons coups, comme la pièce-titre, finissent par se heurter à certains clichés, comme la ligne où « il faut battre le fer tant qu’il est encore chaud ». La minceur de la réalisation ne donne pas de place à l’erreur et ne met pas de l’avant la voix ou les mélodies de Doire.

 

La suite offerte deux ans plus tard, un disque intitulé Chapeau de pluie, se fait plus prometteuse. Les influences initiales prennent du poids et du muscle pour se faire plus efficaces, particulièrement dans la livraison vocale, où Doire est en confiance derrière chacune des chansons. Le métissage jazz et americana se fait aussi plus subtil, et ainsi plus efficace, comme en témoigne « Noir c’est noir ».

 

Même les envolées résolument chansonnières et folk de « Premier amant » ne dérogent pas à cette ligne directrice. Tant mieux, car lorsqu’on s’éloigne de ce mot d’ordre, on retombe dans les longueurs inutiles comme en témoigne l’amalgame de percussions de « Chapeau de pluie ». Même dans le résultat final, la superposition de guitares de « Pêché dans la mer » traîne en maladresse. Le titre prend toutefois tout son sens dans son refrain, lorsque les guitares cèdent leur place à l’harmonica.

 

Cette direction permet de préciser l’offre du disque avec beaucoup plus de confiance et de mordant. Ça s’entend dans l’approche vocale plus prononcée et naturelle de Doire. Ici, les déclarations plus éclatées se démarquent, comme sur « Fol amour »  où elle rappelle « être une chatte en masque de tigre » qui se « déguise pour faire mon gig ». Une telle affirmation serait inutile sans cet élan de confiance. À un autre extrême, elle ne passe pas par 40 chemins pour rappeler avoir blessé quelqu’un sur « Premier amant ». 

 

Dans ce contexte, l’approche americana résolument anglophone, adoptée sur « Matin bleu », se fait efficace grâce à son lap steel, ses grands espaces et son harmonica en recul. Le plus grand exploit accompli sur ce deuxième disque est d’être arrivée à opérer au-delà des clichés du premier opus, tout en poussant son identité à de nouveaux sommets créatifs.

 

Cette expérience s’entend dans l’approche résolument pop du projet bilingue Scarlett Jane, qui bien que tourné vers l’anglais, appose la griffe de Doire dans ses quelques chansons en français. Sur « Mon cœur se brise », le son est parfaitement assumé, comme si le duo donnait l’impression d’être arrivé à bon port. L’exploit répété l’année suivante sur « Cours » est encore plus intéressant, car Scarlett Jane poursuit l’expérience en assumant encore un peu plus son côté pop.

 

Jean-Étienne Sheehyjesheehy.com

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