Saint-Pierre


Vancouver, C.-B.

Je suis encore très axé sur les mélodies, mais l’idée pour moi c’est d’être plus authentique, dépouillé, cru si on veut, même dans les paroles. […] plus social et engagé, plutôt que d’essayer d’avoir les belles tournures de phrases poétiques. Maintenant, c’est plus des textes […] réalistes.

Après une pause de quelques années qui lui a permis de se concentrer sur sa famille, Saint-Pierre amorce son retour en 2016 avec un mini-album comportant trois nouvelles chansons. Particulièrement sensible aux questions d’inégalité, Saint-Pierre poursuit son écriture engagée en abordant des thèmes comme l’itinérance, le rejet, la dépression et le suicide assisté.

Vancouver Toronto 4,349 km km 1,535 Moncton 450 km 2,262 km St-Claude km 2,079 Winnipeg 1,614 km Meteghan 3,476 km Edmonton

Photoreportage

Coup de tête… et de cœur


Saint-Pierre est atterri à Vancouver sur un coup de tête, mais c’est à la suite d’un coup de cœur qu’il y est resté. L’auteur-compositeur-interprète nous invite chez lui et nous offre une visite guidée de son quartier. Il nous emmène à Lynn Valley, un havre de paix témoin de nombreuses excursions familiales, et on se permet une brève incursion dans le quartier South Granville, lieu de son premier baiser avec son épouse.

Saint-Pierre : Saint-Vancouver

Jean-Étienne Sheehy

D’emblée, la décision d’adopter Saint-Pierre comme nom d’artiste est un choix fort. Dans ce cas-ci, on n’a pas affaire à Saint-Pierre, l’apôtre, ni à l’île française en bordure de Terre-Neuve, mais bel et bien à Pierre Dubé, un auteur-compositeur-interprète francophone basé à Vancouver.

S’il n’est installé en Colombie-Britannique que depuis 2005, Saint-Pierre a pleinement été formé par la scène musicale francophone de l’endroit, en ayant participé aux divers concours de l’Ouest canadien et en ayant multiplié les concerts dans la région. 

L’auteur-compositeur-interprète donne dans la chanson pop. Si les mots s’enchaînent un brin trop vite, les chansons laissent entrevoir des flashs intéressants, même si elles se font parfois un peu trop chaotiques, sans garder de fils conducteurs, nécessaires afin d’éviter de s’y perdre.

Il manque régulièrement l’étincelle suffisante pour permettre à son offre de reluire au grand jour. Dans ce contexte, les chansons offertes depuis 42, son premier album, témoignent aussi du chemin artistique parcouru depuis sa sortie en 2008. 

Remontons dans le temps. Les intentions étaient bonnes, mais le produit souffrait de quelques longueurs. La thématique de rentrer à Montréal fut explorée dans la chanson francophone de manière si forte (Charlebois) ou pop (Moffatt) que le Montréal (Je reviens à) de Saint-Pierre ne ressortait pas du lot. 

Parfois, on avait l’impression d’en entendre trop, tandis que la sobriété et la subtilité serviraient mieux les onze chansons du disque. « L’idole » regorgeait de bonnes idées, mais celles-ci se heurtaient à leur enchaînement essoufflant, sans assurer une contribution significative aux arrangements ou aux ambiances. 

Les intentions étaient louables chez Saint-Pierre, mais au long de l’écoute, on finissait par se perdre entre les détours inutiles et les faux pas. Le propos de « Crédit Bonheur » sur la surconsommation, un sujet intemporel, bénéficierait d’une réalisation plus sobre et d’une relecture mélodique afin de solidifier ses assises. 

Pourtant, cet équilibre s’était fait entendre à quelques reprises. À titre d’exemple, derrière le recul un brin plus folk de « Cent fois trop loin », il sortait un bijou de ligne en affirmant qu’il arrive que « mon appartement ne m’appartienne plus ». Malheureusement, on finissait par se retrouver prisonnier des clichés de 42 dans les nombreux excès inutiles.

Au bout de l’écoute du disque, on tentait de trouver ce que tente d’amener Saint-Pierre, en plus de se questionner quant à l’efficacité du canal chansonnier utilisé pour y arriver. L’auteur de ces lignes demeure sceptique quant aux méthodes employées pour ce dernier point. 

Cela dit, les nouveaux titres se révèlent salutaires, tant Saint-Pierre arrive à s’approprier la mélancolie de « Je ne suis rien » en évitant les pièges de ses œuvres passées. Même dans la rythmique plus rock de « Rita », il est facile de mettre le doigt sur les éléments en trop, comme les nombreuses transitions et la trompette du pont. Toutefois, deux versions acoustiques et dépouillées de ces chansons disponibles sur YouTube laissent entrevoir le véritable potentiel intemporel de Saint-Pierre. 

Une piste prometteuse se trouve dans une vidéo de Saint-Pierre qui chante « Le Bonheur » en solo avec un ukulélé. Cela fonctionne parfaitement avec la bonhomie et la douce naïveté du personnage sans pour autant se perdre inutilement dans les arrangements et les détours musicaux. Même certains extraits en spectacle en format trio confirment le choix judicieux de cette direction, qui laisse tout l’espace à l’interprétation et aux choix d’accords de l’artiste. Par exemple, le plaisir de « La mer à boire » bénéficie pleinement de la sobriété de sa livraison. Pour celui qui présente des hommages à Brel, Brassens et Gainsbourg, il serait judicieux de revenir à la source comme ces trois auteurs-compositeurs-interprètes pour soutirer le meilleur à ses chansons.

Jean-Étienne Sheehyjesheehy.com

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Entrevue

Moment charnière


Saint-Pierre revient sur ses débuts dans le cadre d’une série de spectacles en hommage à Jacques Brel, moment qui a défini sa carrière professionnelle.

Musique

  • Je ne suis rien
  • Dans ma forêt
  • La mer à boire

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